mercredi 11 avril 2018

Quand il est mort le poète...



Le 11 avril 1977, un doux rêveur nous quittait,
un poète amoureux des mots, des images et des sentiments,
ennemi des convenances,
qui avait choisi de vivre son crépuscule dans un petit havre de paix du nord-Cotentin,
à Omonville-la-Petite, face à la mer.
Jacques Prévert était tombé sous le charme de cette région de la Hague
qu'il appelait son "coin de paradis".

Poète, scénariste, dialoguiste, il a laissé une œuvre immense.
Ses poèmes courent sur toutes les lèvres ;
repris en chansons, ils trottent dans toutes les têtes, sans que l'on sache qu'il en est l'auteur ;
les films auxquels il a collaboré (Quai des brumes, Les Visiteurs du soir, Drôle de drame, Les Enfants du paradis, entre autres…)
sont restés des références.

Toute une époque...



Difficile de faire un choix pour marquer ce jour anniversaire, mais aujourd'hui, si je devais ne retenir que deux textes, ce serait ces deux-là



LES FEUILLES MORTES
  • 

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,

  • Des jours heureux quand nous étions amis,

  • Dans ce temps là, la vie était plus belle,

  • Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
  • 
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

  • Tu vois je n'ai pas oublié.

  • Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

  • Les souvenirs et les regrets aussi,

  • Et le vent du nord les emporte,

  • Dans la nuit froide de l'oubli.

  • Tu vois, je n'ai pas oublié,
  • 
La chanson que tu me chantais...
  • C'est une chanson, qui nous ressemble,

  • Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

  • Nous vivions, tous les deux ensemble,

  • Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
  • 
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,

  • Tout doucement, sans faire de bruit.

  • Et la mer efface sur le sable,
  • 
Les pas des amants désunis.

  • Nous vivions, tous les deux ensemble,

  • Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

  • Et la vie sépare ceux qui s'aiment,

  • Tout doucement, sans faire de bruit.

  • Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...
  • Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

  • Les souvenirs et les regrets aussi

  • Mais mon amour silencieux et fidèle

  • Sourit toujours et remercie la vie

  • Je t'aimais tant, tu étais si jolie,

  • Comment veux-tu que je t'oublie ?
  • 
En ce temps-là, la vie était plus belle
  • Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui

  • Tu étais ma plus douce amie

  • Mais je n'ai que faire des regrets

  • Et la chanson que tu chantais

  • Toujours, toujours je l'entendrai !



POUR FAIRE LE PORTRAIT D'UN OISEAU
  • Peindre d’abord une cage

  • Avec une porte ouverte

  • Peindre ensuite

  • Quelque chose de joli

  • Quelque chose de simple

  • Quelque chose de beau

  • Quelque chose d’utile
  • 
Pour l’oiseau

  • Placer ensuite la toile contre un arbre
  • 
Dans un jardin
Dans un bois

  • Ou dans une forêt

  • Se cacher derrière l’arbre

  • Sans rien dire
Sans bouger…


  • Parfois l’oiseau arrive vite

  • Mais il pourrait aussi mettre de longues années

  • Avant de se décider

  • Ne pas se décourager
  • 
Attendre,
 Attendre s’il le faut pendant des années

  • La vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau

  • N’ayant aucun rapport

  • Avec la réussite du tableau


  • Quand l’oiseau arrive

  • S’il arrive

  • Observer le plus profond silence

  • Attendre que l’oiseau entre dans la cage

  • Et quand il est entré

  • Fermer doucement la porte avec un pinceau

  • Puis effacer un à un tous les barreaux

  • En ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau


  • Faire ensuite le portrait de l’arbre

  • En choisissant la plus belle de ses branches

  • Pour l’oiseau

  • Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

  • La poussière du soleil

  • Et les bruits des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été

  • Et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter

  • Si l’oiseau ne chante pas
C’est mauvais signe

  • Signe que le tableau est mauvais

  • Mais s’il chante c’est bon signe

  • Signe que vous pouvez signer
  • 
Alors vous arrachez tout doucement

  • Une des plumes de l’oiseau

  • Et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.







vendredi 22 décembre 2017

Regard sur la Thaïlande...

Amphawa : le marché flottant


En Thaïlande, les marchés flottants ne sont plus ce qu'ils étaient.

Dans sa course effrénée vers la modernité, le pays tourne le dos à ses traditions et perd ainsi un peu de son identité. Le grand marché flottant de Bangkok, le plus animé du pays, n'existe plus depuis les années 1960, progressivement éliminé par la construction de routes et l'installation des marchands dans les centres commerciaux modernes. Et cela au grand dam des touristes étrangers, toujours très friands de ce genre d'animation.
Aujourd'hui, pour répondre à l'exigence touristique, les tour-operators vont jusqu'à louer les services de "figurants" afin qu'ils proposent chaque matin à la vente quelques produits locaux en sillonnant en barques les khlongs qui bordent la rivière Chao Praya, donnant aux visiteurs l'illusion de la réalité.



Quelques rares marchés flottants, dans la région de Bangkok, ont heureusement conservé une certaine authenticité. Celui de la petite localité d'Amphawa est de ceux-là. Des dizaines et des dizaines de barques, qui semblent avoir leur emplacement réservé, et peut-être même leur clientèle attitrée, s'entassent côte à côte le long d'un interminable chenal, chargées à ras bord de fruits, de légumes ou de poissons. Certaines sont même de véritables petits restaurants, aménagées en cuisines ambulantes avec un sens rare de l'occupation de l'espace. De là, à grand renfort de cris et de sourires, les marchands proposent leurs produits aux badauds amassés sur les quais.
Si la chaleur étouffante ne freinait pas son appétit, le visiteur pourrait passer la journée à goûter aux spécialités culinaires du pays (qui sont nombreuses et délicieuses, croyez-moi !) et se rassasier pour quelques baths. Pour qui aime la cuisine asiatique, la Thaïlande est un vrai paradis. Il faut savoir qu'on peut quasiment y passer un mois sans commander deux fois le même plat. Encore peu connu des touristes étrangers, le marché flottant d'Amphawa est surtout fréquenté par les habitants de la capitale et de la région proche. Difficile de se frayer un passage tant la foule est dense ! mais quel plaisir d'assister à l'activité de la fourmilière qui ne faiblit à aucun moment de la journée, entretenue par cette habitude qu'ont les Thaïlandais de manger peu mais souvent.

jeudi 14 décembre 2017

mardi 28 novembre 2017

Rivages (suite)...

Images éphémères... Féerie d'un instant...
La plage est un miroir où se profilent des rêves d'évasion...
Le soleil se glisse entre les nuages
et jette sur le sable mouillé
des lumières insaisissables...




vendredi 24 novembre 2017

Rivages...

La mer est d'acier, le ciel gonflé,
le vent du large chargé d'écume...

Une marche sur le sable mouillé
pour respirer à pleins poumons
les odeurs iodées de la marée montante...






jeudi 16 novembre 2017

Impressionnisme...

A Chatou (78),

la Maison Fournaise


A Chatou, jolie petite ville des Yvelines sur les bords de la Seine, existe un endroit mythique où, dans la deuxième moitié du XIXè siècle, se retrouvait régulièrement un groupe de peintres, accueillis par le maître des lieux, Alphonse Fournaise. Celui-ci, charpentier naval, avait acheté le terrain avec quelques bâtiments sur une petite île qui porte désormais le nom d ' « Ile des Impressionnistes ». Outre son entreprise, il y tenait un restaurant et louait des bateaux pour le canotage, en vogue sur la Seine à l'époque.

Il y avait là quelques artistes talentueux, tous séduits par le mouvement pictural de l'époque qui a par la suite trouvé son nom dans le titre d'un tableau de Claude Monet « Impression soleil levant ». Parmi ces peintres « impressionnistes », Claude Monet, Alfred Sisley et Pierre-Auguste Renoir. Ce dernier a peint à la Maison Fournaise quelques œuvres célèbres dont le fameux Déjeuner des canotiers. Le site, restauré à l'identique par la ville de Chatou à partir de 1984, comporte toujours un restaurant et un Musée où se succèdent les expositions temporaires. A voir absolument.

Ici, Renoir a peint le Déjeuner des Canotiers

Le balcon du Déjeuner des Canotiers


La terrasse de l'ancienne guinguette 01

La terrasse de l'ancienne guinguette 02

dimanche 12 novembre 2017

Coup de coeur...

Léon Zeytline



Petit escapade en Ile-de-France à la découverte de Leon Zeytline, un peintre post-impressionniste de grand talent. Ce peintre d'origine russe (1885-1962) excelle dans la pratique de la peinture à l'huile, de la gouache et de l'aquarelle. Ebloui par la Capitale de la France, il s'y s'installe en 1906 et consacre l'essentiel de son art à peindre les quartiers à la mode, les grands boulevards et les monuments emblématiques comme la Tour Eiffel et l'Opéra Garnier.
Le Musée Fournaise, situé sur l'Ile des Impressionnistes, à Chatou (78), vient de lui consacrer une exposition composée de 60 oeuvres issues de collections privées, intitulée Bons Baisers de Paris. Ouverte du 29 avril au 5 novembre 2017, cette exposition proposait "une promenade joyeuse et ensoleillée. En s'appuyant probablement sur de multiples photographies et cartes postales, l'artiste donne vie à ce Paris de la Belle époque et des Années Folles, avec un sens aigu du détail" (in l'Officiel des Spectacles)

Par chance, j'y suis passé la veille de la fermeture et je ne le regrette pas ! MAGNIFIQUE !








jeudi 9 novembre 2017

Les confidences de la ville...

Quand les murs prennent la parole, la ville fait ses confidences...

Etrange paradoxe... De plus en plus, les murs de la ville sont vecteurs de messages personnels offerts à la lecture publique ! Tout se dit, tout se partage ! La retenue n'est plus de mise. Les façades sont des pages de cahiers où s'expriment les espoirs et les désespoirs, avec naïveté, spontanéité, truculence ou insolence. Rencontres et amours naissantes, déchirures et ruptures à livres ouverts... Bien malgré lui, le passant est témoin des rumeurs et des humeurs intimes de la vie des autres... Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir, n'est-ce pas ? ! 







dimanche 29 octobre 2017

Balades en Cotentin

Un pont sur la Vire


Une photo juste pour le coup d'oeil !
Ce reflet parfait du pont de chemin de fer qui enjambe la Vire à l'entrée de Saint-Lô (F50) avait, ce jour-là, de quoi attirer le regard !




mercredi 25 octobre 2017

Balades en France

Chaumont-sur-Loire


Le château de Chaumont domine la Loire, un peu comme le fait celui d'Amboise.


Deux fois rasée, cette ancienne forteresse féodale a été réédifiée de 1465 à 1510 et a gagné en légèreté grâce au style Renaissance .


La petite histoire raconte que Catherine de Médicis, veuve de Henri II, a acquis le château en 1560 uniquement pour se venger, par une manœuvre, de Diane de Poitiers, la favorite du défunt roi. La reine obligea sa rivale à lui céder sa résidence préférée, Chenonceaux, en échange de Chaumont.

Les bâtiments sont entourés d'un parc magnifique et la terrasse offre une vue admirable sur la vallée de la Loire.

A proximité, le luxe des écuries témoigne de l'importance qu'avait le cheval auprès des familles princières.

dimanche 22 octobre 2017

Balades en France

Le château royal d'Amboise


A l'aube de la Renaissance, la forteresse médiévale d'Amboise devint Résidence royale sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François Ier. Invités par les souverains, courtisans, écrivains et artistes français et européens y séjournent, à l'exemple de Léonard de Vinci, qui repose dans la chapelle du château.


Considéré comme le berceau de la Renaissance, le château d'Amboise est sans doute « le plus italien » des châteaux de la Loire : son histoire reste finalement attachée au nom de Léonard de Vinci qui passe les trois dernières années de sa vie au manoir du Clos Lucé, du printemps 1516 au 2 mai 1519.




On raconte que Leonardo était un fin gourmet qui appréciait le bon vin. La preuve, cette citation présente sur l'étiquette de Chianti ci-dessus " ... pero credo che molta felicita sia agli homini che nascono dove si trovano i vini buoni ", qui pourrait se traduire ainsi : " ... Je crois que c'est un grand bonheur pour les hommes de naitre là où l'on trouve des bons vins ".

Ce sont peut-être les bons vins de Touraine qui ont attiré le génie italien à Amboise...